Ce jeudi à 17h21, Aymeric Chappellier et Pierre Leboucher ont bouclé les 4 350 milles du parcours de la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre, terminant ainsi sur la troisième marche du podium dans la catégorie des Class40.

Si le résultat n’est pas celui escompté pour le duo d’AINA Enfance et Avenir qui visait clairement la victoire dans cette 14e édition de la Route du Café, la performance reste néanmoins remarquable et vient clôturer de belle manière une saison presque sans-faute, marquée notamment par des victoires dans le Défi Atlantique, la Normandy Channel Race et la Les Sables – Horta – Les Sables, mais aussi trois années d’un projet engagé pour les enfants défavorisés de Madagascar.
C’est, en effet, une page qui se tourne pour le navigateur Rochelais, qui après avoir été l’une des têtes d’affiche du circuit des 40 pieds, rêve désormais de Vendée Globe.

« Ça a été une belle transat avec de super challengers et, à l’arrivée, un très beau podium. Crédit Mutuel et Leyton est réussi à attaquer à des moments où, de notre côté, on a peut-être parfois un peu manqué de lucidité, notamment dans le vent fort. A deux ou trois reprises, on s’est retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment. On a parfois lâché des milles un peu bêtement mais bon, c’est toujours facile de refaire la course une fois qu’on est à terre »,

a commenté Aymeric Chappellier, peu enclin à se trouver des excuses bien que la victoire, qu’il visait légitimement après avoir tout gagné cette saison, mais aussi après s’être fait souffler la victoire sur cette même épreuve il y a deux ans pour 16 petites minutes, lui ait finalement échappée.

« Au final, c’est quand même une place sur le podium, et quel podium ! On savait qu’une dizaine de duos pouvaient l’emporter. On savait aussi que Sam Goodchild et Fabien Delahaye puis Ian Lipinski et Adrien Hardy, avec leur tout nouveau bateau à étrave de type « scow », seraient des adversaires dangereux. Au final, même si les écarts sont relativement importants, ça ne s’est malgré tout pas joué à grand-chose, en tous les cas pour la deuxième place car la première était quasi impossible au vu des performance de Crédit Mutuel »,

a commenté Aymeric.

 

La dernière sur le Class40 AINA Enfance et Avenir

 

Sentiment partagé par son acolyte.

« Quand on a vu que Ian et Adrien allaient 10% plus vite que nous et qu’on se faisait démonter en speed pure, on a compris que la première place serait compliquée. A l’arrivée, en terminant 3e, on n’atteint, certes, pas notre objectif de départ, mais on a quand même plutôt bien navigué. A mon sens, on a commis peu d’erreurs sur le plan météo, sauf peut-être au niveau de Madère où on aurait pu mieux faire. Dans le Pot-au-Noir, qui était une découverte pour moi, ça a été très aléatoire, et on a été peu chanceux. En tous les cas, je remercie vraiment Aymeric de m’avoir permis de vivre cette aventure. J’ai énormément appris et ça a été une super expérience pour moi »,

a commenté le marin Nantais qui a toutefois vécu une transatlantique un peu atypique, comme l’a rappelé le skipper d’AINA Enfance et Avenir.

« On est resté avec le vent dans le nez jusqu’à Madère et dans l’hémisphère sud, les alizés sont restés très sud. On n’a donc jamais envoyé le gennaker pour descendre jusqu’à Recife. Jamais je n’ai fait autant de près sur une transat ! »,

a relaté Aymeric qui restera donc sur cette note pour sa dernière course à la barre du Mach40.3 aux couleurs de l’association AINA Enfance et Avenir.

Et pour cause, son bateau est aujourd’hui vendu, mais le marin a d’ores et déjà de nouvelles ambitions plein la tête, et le regard tourné vers le Vendée Globe 2024. A bon entendeur…