Si la flotte des Class40 s’étale ce mardi sur près de 700 milles, les leaders, eux évoluent actuellement à mi-chemin entre les Canaries et le Cap Vert, dans des alizés « velus », pour reprendre le mot d’Aymeric Chappellier.
Dans ce contexte, autant dire que ça bombarde sévère à bord d’AINA Enfance et Avenir qui aligne les milles entre 17 et 19 nœuds de moyenne.

« Le vent souffle assez fort et de manière relativement stable, même s’il oscille régulièrement de 15 ou 20°. Du coup, ça va vite. Le hic, c’est que devant, Crédit Mutuel va encore plus vite »,

a commenté Pierre Leboucher qui cavale toujours dans le trio de tête chez les Class40, mais qui affiche cependant 66 milles de retard sur les leaders, Ian Lipinski et Adrien Hardy.

« On voit bien que leur bateau à nez rond est vraiment facile en vitesse. C’est pareil pour Banque du Léman d’ailleurs. Nos performances à nous se tiennent avec celles de Leyton, même si on s’est un petit peu fait avoir hier en restant un peu trop au sud. On attaque mais on fait aussi attention au bateau car avec les conditions qu’on a actuellement, le risque de faire tomber le mât existe. C’est pourquoi on n’a pas tout dessus. On a d’ailleurs fait pas mal de changements de voiles la nuit dernière. L’ambiance est humide. Humide mais chaude, alors ça va. Ça va durer comme ça au moins jusqu’au Cap Vert, c’est-à-dire jusqu’à demain matin. On devrait normalement passer dans l’ouest de l’archipel, et ne pas trop en subir les dévents. On va toutefois ralentir un peu car les alizés vont s’essouffler petit à petit à partir de ce moment-là »,

a précisé le Nantais dont la stratégie ne devrait trop rien avoir de compliqué pour aller jusqu’au Pot-au-Noir puisqu’elle pourrait se réduire à un seul et long bord à la même amure.

« Cette fameuse zone de convergence intertropicale est encore un peu loin pour nous. C’est difficile de savoir à quelle sauce on va être mangé. On commence forcément à regarder un peu, mais on se penchera davantage sur la question dans 24 heures. Il faudra alors que l’on évalue notre prise de risque, sachant qu’il y a un peu d’espace avec les bateaux de derrière (environ 100 milles, ndlr) et qu’on espère bien remonter sur ceux de devant »,

a terminé Pierre Leboucher.