Ce jeudi, alors qu’il leur reste 1 300 milles à parcourir pour rejoindre Pointe-à-Pitre, les leaders de la flotte des Class40 de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe continuent de cavaler entre 11 et 13 nœuds de moyenne, toujours propulsés par un vent de nord-est soufflant entre 18 et 23 nœuds. Un flux d’alizé qui semble toutefois un peu plus stable, aujourd’hui, que les jours précédents, et qui permet à Aymeric Chappellier de se reposer un peu avant le rush final. Car oui, c’est maintenant, dans moins de cinq jours que les premiers 40 pieds sont prévus de se présenter sur la ligne d’arrivée. Actuellement 3e, le skipper d’AINA Enfance et Avenir ne lâche évidemment rien et fait en sorte de préserver au mieux son matériel, en particulier son petit spi qui avait explosé il y a deux jours mais qu’il a pris soin de réparer pour rester d’attaque jusqu’à la fin et grappiller tout ce qu’il sera possible.

« En ce moment, c’est un peu le train-train des alizés mais il faut rester au taquet »

assure Aymeric Chappellier dont le quotidien est essentiellement rythmé les grains et quelques empannages.

« Ce n’est certes, pas le moment de la course qui a le plus de charme mais il y a toujours plus de choses à faire que ce que l’on pense »

ajoute le skipper du Class40 aux couleurs d’AINA Enfance et Avenir, pas mécontent de profiter de conditions un peu moins instables, ce jeudi, que les jours précédents.

« La nuit dernière a été plutôt calme, avec assez peu de grains et pour l’instant, ça a l’air de durer. C’est plutôt pas mal car ça permet de se reposer un peu et surtout de préserver un peu les voiles »

souligne le Rochelais qui évolue à proximité du 20° parallèle Nord désormais, et qui commence naturellement à souffrir de la chaleur.

« En journée, il fait une température de bœuf dans le bateau. C’est à la limite du supportable »

précise Aymeric qui ne ménage malgré tout pas ses efforts.

« Chaque jour, je passe entre une et deux heures à faire le tour complet du bateau. Ça fait maintenant plus de dix jours qu’on tire sur la gueule de nos machines comme des malades. Certaines pièces s’usent et il faut les surveiller. Il faut vraiment rester très attentif aux petits détails, ceux qui feront sans doute la différence dans les derniers milles »

avance le navigateur dont les dernières estimations laissent présager d’une arrivée en Guadeloupe dans la journée de mardi.

« Il reste plus ou moins cinq jours de course. Ça commence forcément un peu à sentir l’écurie mais il ne faut surtout pas ralentir car ni devant, ni derrière, les gars mollissent. En ce qui me concerne, je ne lâche rien, c’est clair, même si je regrette un peu qu’avec mon histoire de petit spi, Phil Sharp, avec qui j’étais quasiment à égalité il y a deux jours, en a profité pour me prendre une quarantaine de milles. C’est le jeu de la régate. Je sais qu’il a ses emmerdes lui aussi et je n’oublie pas que rien n’est encore joué. Je reprends de plus en plus confiance en mon petit spi car ma réparation à vraiment l’air de bien tenir. Je fais quand même encore un peu attention pour le moment mais lorsqu’il ne restera plus que deux jours de mer, je tirerai à nouveau à fond dessus pour essayer de grappiller du temps et des places »

termine Aymeric Chappellier, plus que jamais déterminé à briller à Pointe-à-Pitre… et à finir sans l’ombre d’un regret.